Le maquillage, un gage de superficialité ?

La définition du maquillage ou de l'action de maquiller, pouvant s'apparenter à la falsification ou à la tromperie, alimente encore aujourd'hui sa connotation péjorative. Le maquillage s'applique de manière superficielle, dont nous allons ici, redéfinir la notion : « qui est limité à la surface,qui n'affecte que la partie extérieure du corps. » A priori, on ne s'injecte pas encore de font de teint. Cependant, dans la phrase « une fille superficielle », le mot prend alors un autre sens de l'ordre de : « qui ne traduit pas les sentiments profonds, pensée qui manque de profondeur, qui est incapable de s'intéresser aux réalités profondes. »

Alors une question se pose, pourquoi le sexe féminin est bien plus souvent que son homologue masculin taxé de superficialité ? Le maquillage serait-il à blâmer ?

Mesdames, sommes-nous encore au XXIe siècle assujetties à la tyrannie de l'apparence, si tristement illustré par le célèbre adage « Sois belle et tais-toi. » ? Est-ce le conditionnement social actuel, qui voudrait que se maquiller soit un gage de superficialité ? Cela sous-entendrait-il que les femmes devraient renoncer à s'embellir pour se targuer de penser ? N'est-ce pas là, tout un ramassis de préjugés, qui ne connaissant pas la demi-mesure, nous sommerait de choisir quels types de femmes nous souhaitons incarner ? Tout ceci à l'instar de notre unicité ?

Aujourd'hui, beaucoup de femmes se plaisant à se réinventer via l'art du maquillage se trouvent gratuitement qualifiées de superficielles et ce de la par d'inconnus. Mais la superficialité ne résiderait-elle pas dans le fait de juger une personne via son apparence sans même chercher plus loin, ce qui de fait traduirait « une pensée qui manque de profondeur. » Les mots ont un sens, leurs méconnaissances et la banalisation de leurs usages peuvent amener à construire des préjugés qui ont la vie dure.

Il serait tout de même intéressant, de recontextualiser qu'au XVIIe le maquillage était autant l'apanage des hommes que des femmes. Le blanc de céruse et le rouge aux joues se voulaient véhiculer l'idée de richesse et de connaissance. Comme quoi, la vision qu'on porte sur les choses semble n'être que la résultante des croyances d'une époque par laquelle nous sommes conditionnés.

Mais nos esprits qui sont à même de découdre ce qu'on voudrait bien leur faire croire, sont libres. Après tout, la superficialité n'engage que la personne qui la perçoit.

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by Laura Manseau

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